SMOKING CAUSES YOUR SEEING DOUBLE ! STOP SMOKING !

Pour en savoir plus ! (with a few english for story's end !)

Quelques dates.

1492 Christophe Colomb découvre le tabac à Cuba, puis des cultures à Haïti (le tabaco ).

1556 introduit en France par André Thevet (Angoulème, 1504-1592), cordelier, aumônier de l'expédition de Villegagnon au Brésil ; il sème des graines de cette herbe que les Indiens nomment pétun et l'appelle " herbe angoumoise ".

1559 Jean Nicot (vers 1530-1600), ambassadeur de François II à Lisbonne, soigne son cuisinier avec un emplâtre de cette herbe. On afflue à Lisbonne pour s'en procurer. Nicot envoie des graines en France et du tabac en poudre à Catherine de Médicis pour soulager ses migraines. Toute la cour suit des traitements à base de tabac prescrits par Nicot et le grand prieur François de Lorraine le met à la mode.

1584 culture en Virginie, puis en Caroline du Nord, Maryland et Kentucky.

Vers 1600. apparition du mot tabac (de tabago, roseau ou cornet entourant les feuilles roulées) qui ne l'emportera sur le mot pétun qu'au milieu du XVIIIe s. En Perse : Abbas Ier (1587-1629) fait couper le nez aux priseurs et les lèvres aux fumeurs ; Amurat IV (1623-40) condamne les priseurs à avoir le nez coupé. En 1610 Turquie : Mourad IV (1612-40) décrète que quiconque serait surpris fumant aurait le nez percé par un tuyau de pipe, puis le fumeur serait promené sur un âne. 1612-1651 Japon : les fumeurs sont condamnés à l'esclavage.

Fin du XVIIe s Colbert institue le monopole du tabac : privilège de fabrication et de vente. En 1682 Louis XIV prescrit qu'on ne prise qu'une fois pendant l'office et que le curé fournisse le tabac ainsi prisé. C'est à cette époque que la cigarette, utilisée par les Indiens (tabac enroulé dans des feuilles de maïs), aurait été réinventée par un soldat turc bourrant de tabac une douille en papier pour remplacer le fourneau de sa pipe arraché par une balle (on fumait déjà des papelitas en Espagne).

1844 1re machine à rouler les cigarettes : cigarettotype du Français Le Maire Pendant la guerre de Crimée, soldats français et britanniques découvrent le tabac turc. Philip Morris (1836-73) propose des cigarettes de tabac blond à Londres. En 1860 la Direction générale des manufactures de l'État est mise en place au ministère des Finances. 1864 succès des cigarettes " façon russe ". Module préféré : 7,4 mm.

1876 des noms propres apparaissent : Odalisques, Entractes, Petits Pages, Chasseurs (cigarettes fermées remplies de débris), Élégantes, Pages, Jockeys, Hongroises, Favorites, Boyards, Russes. Chaque marque est fabriquée dans la version Caporal ordinaire (paquet bleu clair), Caporal supérieur (rose), Maryland (vert clair) ou Levant (violet), Levant supérieur (chamois), Vizir (blanc), Vizir supérieur (vert foncé) et Giubeck (rouge foncé). 1876 Françaises (1892-1933 : Française ; 1970 réapparaît). 1877 79 marques existantes. 1880 machine de Couflé à rouler les cigarettes. 1887 les Élégantes sont les préférées. 1892 monopole prorogé sine die ; manufactures de l'État. 1893 nouvelles marques : Espagnoles, Almées, Guatemala, Dames, Égyptiennes, Havanaises, Grenades. Les Élégantes de luxe deviennent les Amazones. 1894 il y a 242 marques (combinaison de 17 noms avec 15 qualités de tabac). 1907 Richard Joshua Reynolds (1850/29-7-1929) lance le Prince Albert, tabac du Kentucky. 1908 création de la Fédération nationale des syndicats de planteurs de tabac (FNPT). 1910 les Hongroises deviennent Gauloises [1925 prendront comme symbole le casque à ailettes (dessiné par Giot) ; 1936 redessiné par Marcel Jacno]. Apparition des Gitanes-Vizir [1927 devenues Gitanes en paquet dessiné par Giot (1927-45), puis 1947 Max Ponty]. 1913 -27-9 Old Joe, dromadaire du cirque Barnum & Bailey, pose pour une photo qui servira de modèle au paquet de Camel. 1916 Lucky Strike aux USA (paquet actuel depuis avril 1940). 1919 une Sté américaine de tabac fait de " Philip Morris " sa raison sociale. Vers 1920-25 les Gauloises prennent la 1re place. 1924 Philip Morris lance les Marlboro, petite cigarette blonde dont l'extrémité est rouge, pour les femmes. 1925 grand nombre de marques aux noms russes ou orientaux. 1926 création d'une Caisse autonome d'amortissement de la dette publique à laquelle sont versées les recettes du monopole des tabacs (SEIT : Service d'exploitation industrielle des tabacs, l'appellation apparaît dans le décret du 13-8-1926 en application d'une loi du 7-8 ; sera supprimée en 1959). 1927 1er corps de femme sur une affiche (Gitanes-Vizir ). 1931 apparition des Balto et Congo (jusqu'en 1940). -Mai 1er paquet sous cellophane (Craven A ). 1933 apparition de la Celtique. 1934 Gauloises Disque bleu. 1935 le SEIT devient Seita lorsque la gestion du monopole des allumettes lui est confiée.

1961 : le Seita devient établissement public à caractère industriel et commercial, chargé de l'exploitation d'un monopole fiscal. Son personnel, auparavant fonctionnaire ou ouvrier d'État, est régi par un statut autonome (décret du 6-7-1962). 1970 suppression du monopole de culture (règlement CEE du 21-4). 1971 toutes les marques de tabac fabriquées dans la CEE ont accès à l'ensemble du marché. 1972 loi du 4-12 : fabrication et importation d'allumettes réservées à l'État et confiées au Seita (sauf import. CEE). 1976 loi du 24-5 : tabacs manufacturés sur importation et commercialisation en gros venant de la CEE ne sont plus réservées à l'État mais confiées au Seita. Le monopole de la vente au détail relève de l'administration des impôts qui l'exerce par l'intermédiaire de débitants. Le Seita conserve en France le monopole de fabrication des tabacs et allumettes. 1979 création de l'Union des coopératives agricoles des producteurs de tabac (UCAPT). 1980 -2-7 le Seita devient la Seita (Sté d'exploitation industrielle des tabacs et allumettes). 1982 Gauloises légères. 1984 -juillet l'État devient unique actionnaire de la Seita. Gauloises blondes. 1989 -avril Gitanes blondes. 1995 -févr. privatisation de la Seita.

 

LA CIGARETTE AU XXème siècle

Texte extrait d'un article de Didier Nourrisson , historien, professeur des universités à l'IUFM de Lyon. in LIBERATION - 4 septembre 1999

Dernier ouvrage paru: «le Tabac en son temps: de la séduction à la répulsion», ENSP, 1999.

 
Fatale, la cigarette mérite à coup sûr ce qualificatif au cours du XXe siècle. C'est d'abord l'ensorceleuse, clinquante dans son étui aluminisé, envoûtante dans sa robe de papier, déroutante quand elle part en fumée. Dans les années 20, elle devient l'attribut essentiel de la séduction féminine, portée au long d'un fume-cigarette en écaille et fumée dans de voluptueuses arabesques. Fatale, la cigarette passe pour une tueuse à la fin de ce siècle: les statistiques médicales lui attribuent désormais des dizaines de milliers de morts chaque année.
Il est déjà loin le temps où elle était enveloppée à la main par une ouvrière aux doigts agiles, mais à faible productivité. L'empereur Napoléon III s'en amourache et devient «l'homme à la cigarette» gobergé dans quelques chansons. La République la vulgarise. Dans le dernier tiers du XIXe siècle, la révolution industrielle atteint les manufactures de la Régie des tabacs. De grosses machines, d'abord animées par la vapeur, puis par l'électricité, roulent les cigarettes à la chaîne par milliers, par dizaines de milliers chaque jour. En 1894, sont commercialisés 242 types de cigarettes sur le marché français. Leurs noms évoquent l'exotisme, la sensualité, le voyage ou le rêve. Les marques hongroises, vendues depuis 1878, Amazone, Favorite, Grenade sont présentées en bottes de 12, de 20 ou de 25 unités, serrées par un nœud de couleur. En 1910, arrivent chez les 50 000 débitants (moins de 30 000 aujourd'hui) les premières Gauloises et Gitanes emballées.
La cigarette donne désormais le ton social. Du petit-bourgeois à la midinette, de l'étudiant à l'«apache» (le mauvais garçon), elle est sur toutes les bouches. Le Service d'exploitation industrielle des tabacs (Seit) est constitué en 1926. A la recherche de profits nouveaux pour un Etat en déficit budgétaire permanent, il décide d'accroître sensiblement son effort publicitaire. Il rencontre les faveurs d'un public étendu au sexe féminin, persuadé que la cigarette est l'instrument, ou du moins l'indice, de l'émancipation. De très nombreuses marques sont créées au cours de l'entre-deux-guerres: la Balto représente la caravelle apportant le tabac des Amériques; les Natacha et autres Anouchka conjuguent le charme slave et le plaisir de fumer; Week-End, contemporain du Front populaire, fait miroiter des lendemains qui chantent les congés. Gauloises et Gitanes reçoivent un nouvel habillage: le casque ailé pour les premières, l'éventail de l'Andalouse pour les secondes. Le cinéma, l'affiche, la presse diffusent ces images d'exotisme, de détente, dans une société où le travail dure, le temps presse et les relations sociales manquent de liant.
La Seconde Guerre mondiale donne sa dimension internationale à la cigarette. Les Français découvrent la blonde allemande, avant de céder à son vainqueur venu de Virginie. L'attrait pour l'american way of life naît avec les fourgons de GI's. Un sondage de 1953 demande aux Français ce qu'ils placent en tête de leurs amours américaines: les cigarettes arrivent à la deuxième place après les appareils ménagers, mais avant le jazz, le cinéma et le Coca-Cola. Les cigarettiers, qui maîtrisent les nouveaux moyens de communication de masse (radio, télé), redoublent leurs efforts publicitaires. Les belles étrangères envahissent le marché français. Leurs noms atteignent la célébrité. La société de consommation fait des produits des stars et des stars des véhicules publicitaires. Le Seita réplique en modernisant ses paquets. Par exemple, une célèbre danseuse de flamenco, Nana de Herrera, sert de modèle à la gitane du dessinateur Max Ponty. Pour la cigarette, c'est l'envolée finale: en 1953, chaque Français de plus de 15 ans grille trois cigarettes par jour; en 1985, la moyenne passe à six, un record historique. La cigarette agrémente la compagnie, se fait signe de convivialité, facile à offrir, à échanger, expression de sympathie, de complicité, de générosité, entrant dans le rite du don, objet qui valorise autant celui qui offre que celui qui reçoit. Elle apparaît, selon la façon de fumer, comme l'expression de l'aplomb, du sang-froid, de l'élégance ou de la nervosité; elle devient l'apanage des héros populaires, au cinéma comme dans les B.D. Au même titre que la toile bleue des Levi's, le camping sur la Côte ou la 2 CV, elle symbolise l'hédonisme de masse, la civilisation des loisirs et de la décontraction.
 Or, tandis que la cigarette triomphe sur toutes les lèvres, et probablement à cause de cette démocratisation, son prestige, son aura vont décliner dans les sphères dirigeantes. Dans les années 50, en effet, les chercheurs, notamment anglo-saxons, prouvent la nocivité de la fumée de tabac et son influence déterminante sur les cancers des voies respiratoires. Au même moment, en France, la Sécurité sociale étend à tous son aile protectrice au prix d'une cotisation généralisée. Le souci de santé publique (et celui de freiner les dépenses de la santé) commande alors de limiter le plaisir de la consommation individuelle. Une contre-publicité, qui en appelle à la responsabilité du citoyen, commence à attirer l'attention sur les risques du tabagisme. La vieille Société française contre l'abus du tabac (1868) reprend du service sous l'appellation plus moderne de Comité national contre le tabagisme et ajoute ses efforts à ceux des ligues contre le cancer et autres comités d'éducation pour la santé. L'Etat s'en mêle. Une première loi, à l'initiative de Simone Veil, ministre de la Santé du gouvernement de Jacques Chirac en 1976, restreint la publicité tabagique, augmente les taxes et limite le droit de fumer dans les lieux publics. Une seconde, plus rigoureuse, sous l'impulsion du ministre socialiste Claude Evin, est adoptée en 1991: elle interdit toute publicité dans la presse, écrite ou audiovisuelle, oblige à délimiter des espaces publics fumeurs ou non-fumeurs, taxe les cigarettes (le paquet de Gauloises passe à 9,70 F en 1993, à 13,90 F en 1998) et encourage les associations d'éducation sanitaire à poursuivre en justice les contrevenants. La guerre du feu est déclarée. Il serait étonnant qu'elle cesse de sitôt, tant les intérêts économiques, politiques, voire moraux sont impliqués et intriqués dans les deux camps.

 

et Fin 1999...

France's SEITA and Spain's Tabacalera agree to join forces

 
Posted: October 6, 5:30 p.m. e.s.t.

Two European tobacco giants are forming the largest cigar company in the world. France's SEITA S.A. and Spain's Tabacalera S.A. agreed yesterday to merge operations, creating a new company called Altadis. The $3.3 billion deal is expected to close by year's end.

Combined, the two will make more than three billion cigars a year and have nearly unprecedented advantage in dealing with the Cuban cigar industry.

Altadis will also be the fourth largest tobacco company in the free world, with more than $10 billion in revenues and a market capitalization of $7.2 billion. Last year, according to Reuters, Tabacalera had sales of $7.7 billion. SEITA, which stands for Societe Nationale d'Exploitation Industrielle des Tabacs et Allumettese, had sales of $3.2 billion. (...)

 

from www.cigaraficionado.com

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